Regarder Angles d'attaque en Streaming

25/10/2012 01:36

Angles d'attaque streaming


Film du genre , Thriller sortis à la date du 2008-03-19 et rélisé par Pete Travis.
Avec : Matthew Fox, Forest Whitaker, Dennis Quaid, Bruce McGill, Edgar Ramírez

AVIS SUR CE FILM :

Si j'osais un rapprochement aussi délicat que le fut dans un sketch mémorable des inconnus "l'esprit sportif", je dirais "film d'action intelligent" pour qualifier le plus rapidement possible ce film de Pete Travis. Et puis comme ce film a été cassé par les critiques diverses (en tous les cas sur Allociné, presse et spectateurs), je m'y appesantis un peu. Comme l'affiche du film le présente, ce film prend le parti de la multiplicité plutôt que celui de l'unité cohérente, de la discontinuité sur celui de la continuité linéaire, de la transgression temporelle (régression, progression, décalage, polychronie...) sur la progression fléchée. Et ça, c'est bon.
L'intention du film est simple : un événement, des perspectives. L'événement, c'est un attentat à Salamanque qui ruine tous les espoirs fondés par les mouvements internationaux pacifistes pour éradiquer le terrorisme planétaire : ça c'est bidon, ça vaut pas grand-chose, mais ce n'est absolument pas là l'essentiel, ce n'est qu'un point d'appui, et en tant que point d'appui, il est plutôt crédible, étant donné toutes les salades qu'on entend malgré tout sur la lutte anti-terroriste, l'imminence du risque d'attentats etc. Bref, ça c'est l'événement.
Mais l'essentiel, ce sont les perspectives : c'est-à-dire que la progression du film va se faire au travers d'une série d'angles de vue (qui correspondent dans la première partie à chaque point de vue particulier dessiné par chaque personnage principal du film), de fenêtres déterminées ouvrant chacune sur un aspect éclairant l'événement. A chaque fois donc, on a le déroulement de l'événement vécu par une chaîne de télévision (dont la réalisatrice est Sigourney Weaver), le flic piégé (Edgar Ramirez), le touriste américain qui filme quelques scènes de l'événement (Forest Whitaker), l'agent de sécurité principal (Dennis Quaid), ou encore le président lui-même (William Hurt). Et à chaque fin de l'événement, on reprend au point t0 à travers une nouvelle perspective.
Bon je sais quel reproche on me fera, et qu'on n'a pas forcément fait au film (il aurait fallu réfléchir) : c'est que derrière cette multiplicité de lucarnes sur l'événement, on fait encore une place essentielle à l'événement, à la manière d'un géométral, d'une chose en soi, bref d'une réalité insaisissable, mais existante, et découvrable si toutes les perspectives étaient réunies en une seule intellection (en gros Dieu, ou désormais, la Science). Je ne sais pas si je suis bien clair, alors je résume : ce film est bien sûr trop idéaliste parce qu'il ne dissout pas encore l'événement dans le perspectivisme total (désolé Foucault). Mais le scénario est terriblement efficace, et à force de perspectives, il est possible de soutenir qu'on n'atteint finalement pas la Vérité de l'événement, mais simplement des stratégies éclairantes, des mécanismes, des actions, des opérations qui seraient restées invisibles si l'on était resté à la seule première perspective.
Et puis toute cette série de régressions jusqu'au point tO s'arrête finalement pour donner lieu, dans la seconde partie du film, à une reprise du temps dans le sens normal si l'on veut être clair, c'est-à-dire à une progression chronologique classique, où tout se mélange dans un grand maellstrom ou un grand tourbillon. Et là le scénario est tout autant inventif et original que dans la première partie, avec tout un tas de péripéties, de scènes d'actions très bien réalisées... La violence est là, l'aspect psychologique aussi : petit à petit, on voit que les personnages sont pris dans toute une série de blocages, de tensions, de chantages, d'arnaques, et qu'ils essaient de se dépêtrer tant que bien mal de toutes ces situations difficiles. Donc là encore, vraie réflexion, vrai boulot, avec des trahisons, des renversements dans ce croyait deviner commes les lignes de forces principales (terroristes/anti-terroristes, qu'on pourrait synthétiser avec la figure du flic interprété par Mattew Fox). Tout devient sujet à erreur, au faux, si bien qu'on se demande s'il malgré la fin du perspectivisme, il demeure un point fixe auquel s'accrocher. Comme jeu autour de la multiplicité, le film arrive à faire intervenir le pluriel au sein même de toutes les unités auxquelles l'on donne crédit d'habitude (la police, l'activité terroriste, l'amour, l'amour filial...), c'est-à-dire qu'à chaque relation établie de manière transitoire dans le tableau initial vient se substituer tout un ensemble de relations qui déclinent toutes les vieilles catégories, pour faire varier les rapports entre les personnages.
Bon politiquement le film ne prend pas le parti toujours idiot des anti-terroristes, mais ne penche pas non plus dans l'idéalisation de la force terroriste.
Et quand tout est réussi, évidemment, c'est qu'il y a du lourd aussi dans le jeu des acteurs : tous ceux que j'ai cités sont particulièrement efficaces à l'écran. 16/20
http://tchingscine.over-blog.com/
Qand l'auteur d'Omaagh fait 24 Heures Chrono !

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